John Irving, Le monde selon Garp.

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Cela faisait plusieurs mois que je regardais avec envie le troisième étage de la bibliothèque de mon beau-frère. Et pour cause, l’oeuvre d’Irving y trônait en maître et son nom me faisait saliver. J’aime la littérature américaine que je trouve parfois riche et parfois crue mais toujours bouleversante et immense. Je lui ai donc subtilisé (sur son conseil « une féministe ne peut pas ne pas avoir lu cette oeuvre ») Le monde selon Garp. Soit.

La quatrième de couverture :

« Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie, mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin… Un livre culte, à l’imagination débridée, facétieuse satire de notre monde. « Le romancier est un médecin qui ne s’occuperait que des incurables… et nous sommes tous des incurables. » Le Monde selon Garp, partiellement autobiographique, a connu un succès mondial et a été porté à l’écran.' »

 

Mon résumé : 

Fin des années 1945, Jenny Fields refuse la société partiarcale dont les femmes sont victimes. Cette femme est touchante tout autant qu’elle est insolite et merveilleuse.

Le roman entoure la vie de Garp, il la ceint d’une manière aveugle et prenante. On suit l’évolution de petit garçon naïf qui n’hésite pas à monter sur le toit pour chasser les pigeons ; du jeune homme passionné de lutte qui découvre ses premiers émois sexuels avec la première qui passe ; du jeune adulte qui découvre sa volonté d’écrire et de parcourir le monde ; du père de famille, père au foyer mort d’angoisse pour ses enfants ; du mari adultère amateur de baby-sitters mais incapable de maîtriser sa jalousie.

Garp est un humain comme les autres, fait de milles facettes complexes et contradictoires. Il ne répond d’aucun clichés gravés dans une roche immuable.  Il n’est ni bon, ni mauvais il est Garp. Un homme qu’on a envie de baffer ou d’applaudir, c’est selon.

La vérité sur Garp, c’est qu’évoluant dans un milieu féminin et féministe le monde des homme l’effraie et le révulse. Il ressent la détresse et les souffrances de chaque femme à laquelle il est confronté : une petite fille violée, une femme battue, une lesbienne bafouée…Le monde des hommes est un puis de souffrance et de peur et Garp devient ce père anxieux, ce mari fou de jalousie, cet homme perturbé et hautain, parfois vain et perdu.

Extrait :

 » Garp s’entraînait à courir dans le parc municipal lorsqu’il rencontra la fillette, une gosse de dix ans nue comme un ver qui détalait devant lui dans l’allée cavalière. Quand elle se rendit compte qu’il allait la rattraper, elle se jeta à terre et se couvrit le visage, puis se couvrit l’entre-cuisse, puis essaya de cacher ses seins inexistants. Il faisait froid, une journée froide de fin d’automne, et Garp aperçut le sang qui souillait les cuisses de l’enfant, vit ses yeux gonflés et terrifiés. Elle hurlait, et elle hurlait à cause de lui.

–  Qu’est-ce qui t’es arrivé ? demanda-t-il, bien qu’il eût déjà compris.

Il jeta un coup d’oeil à la ronde, mais il n’y avait personne. Elle plaqua ses genoux à vif contre sa poitrine et hurla.

– Je ne vais pas te faire de mal, dit Garp. Je veux t’aider. Mais l’enfant continua à gémir de plus belle. Mon Dieu ! Mais bien sûr ! songea Garp – c’étaient probablement les mêmes mots qu’avait prononcé l’affreux satyre, et il n’y avait pas longtemps.

– De quel côté est-il parti ? Demanda Garp ; sur quoi il changea de ton, dans l’espoir de la convaincre qu’il ne lui voulait pas de mal : Si je le trouve, je le tuerai.

Avis : 

J’ai aimé Le monde selon Garp, même si j’ai mis quelques semaines à le terminer. Il est compact, certes mais aussi plus ou moins inégal. J’ai trouvé la vie de Jenny Fields et celle de Garp tout à fait passionnantes, et les réflexions existentielles justes et à propos,  mais j’ai éprouvé quelque lassitude à lire les extraits des livres écrits par Garp. J’ai trouvé La pension de Gillprazer plutôt sympathique mais ses deuxièmes et troisièmes romans n’étaient plus aussi plaisants à lire, même si je pense que c’est une tactique honorable et calculée qui permet à Irving de montrer le côté « mauvais artiste » de Garp (cf : Le second souffle du coucou)

J’ai été touché par les bonheurs et les drames qui ont touché sa vie de famille. Et j’ai particulièrement apprécié le côté humain et réaliste de ses personnages qui n’évoluent pas systématiquement comme le lecteur voudrait les voir évoluer. Bref, Le monde selon Garp est une oeuvre plaisante à lire, mais qui s’étale un peu trop. Mais lorsque l’on a achevé la lecture un goût amer de solitude et de tristesse voudrait que l’on en redemande encore. Je relirai du Irving, c’est certain.

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1 commentaire

Classé dans Littérature américaine.

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