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Dans le grand cercle du monde, Joseph Boyden.

 

THE ORENDA !

Mon admiration pour Joseph Boyden n’est plus à démontrer, son talent encore moins. C’est pourquoi j’attendais depuis plusieurs Imagemois la sortie de son dernier né : Dans le grand cercle du monde. Farfouillant comme une damnée sur le site de sa maison d’édition française, Albin Michel, j’ai découvert qu’il donnait une conférence à l’association française du Canada le 25 mars dernier. Ni une ni deux, j’ai décompté les jours, j’ai quitté le boulot plus tôt et je me suis rendue à la conférence. J’ai donc rencontré monsieur Boyden, en vrai, en chair, en os… La conférence terminée je m’en suis retournée chez moi savourer ce dernier opus qui m’a apporté deux confirmations : la première, Joseph Boyden est vraiment un génie, la deuxième j’en suis toujours aussi fana !

 

Nous sommes au XVII e siècle, le visage de l’Amérique se modifie, ses traits changent…les colons du vieux continent sont arrivés, ont marché sur les terres amérindiennes et tentent chaque jour de façonner « les sauvages » à leur image, selon leurs convention et leur idée du « bien ». Oiseau est un chef de guerre Huron, charismatique et respecté. Suite à une bataille contre les Iroquois  il a adopté Chute-de-Neige, après avoir massacré sa famille. Christophe, un jésuite français s’est retrouvé dans la tribu suite à une mission d’évangélisation. Leurs trois voix qui se confrontent de se croisent tissent la toile de fond de ce roman.  Tous trois vont apprendre à se connaître, à s’apprivoiser et à s’apprécier malgré leur appréhension de ce qui est différent. Dans le grand cercle du monde est un roman de la violence des guerres, des mots, des idées mais c’est aussi un roman de l’amour, du respect, de l’altruisme et de l’humanisme, malgré tout.

Le roman est ancré dans une période très précise, pour autant il semble étonnement intemporel. Les dernières pages ont une dimension cosmique, universelle… Joseph Boyden a réussit son pari de réaliser ce livre dont il rêvait le thème et l’histoire depuis toujours.

 

 

 

 

 

 

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L’appel du Coucou, Robert Galbraith

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 Une nuit d’hiver, Lula Landry, célèbre mannequin anglaise, magnifique métisse à la peau dorée, est retrouvé morte, gisante dans la neige durcie une quinzaine de  mètres sous son balcon. Dans le froid mordant et sous les flashes incessants des paparazzi les enquêteurs concluent à un suicide. Qui pourrait accorder du crédit à la voisine du dessous complètement ruinée par la cocaïne, qui hurle comme une damnée qu’elle a entendu l’assassin ? L’enquête s’achève ici, Lula Landry s’est donné la mort. Cause : instabilité mentale.

 

Le Détective privé Cormoran Strike est au bout du rouleau. Vétéran de l’armée il est revenu d’Afghanistan amputé du tibia, une prothèse venant combler tant bien que mal ce vide nouveau. Ruiné, en proie à de terribles échéances, étranglé par les dettes il doit également faire face  et à une énième rupture avec Charlotte : le couple chaotique et passionnel semble lui aussi à bout de souffle. Lorsque l’agence d’intérim lui envoie une assistante qu’il n’a, bien évidemment pas les moyens de payer, le détective est comme désappointé et perdu dans une angoisse et un désespoir croissants.  Le cabinet est vide, comme à sa grande habitude. Mais l’arrivée de John Bristow vient rompre cette monotonie rituelle. Le jeune homme ingrat, laid et nerveux investit Strike d’une mission pour le moins inattendue : il lui demande d’enquêter sur la mort de sa défunte sœur Lula Landry dont il n’admet pas le suicide.  Alors que Strike semble ne pas prendre au sérieux Bristow ses premières recherches vont faire naître progressivement en lui l’étrange impression de non-dits et de tensions. Que s’est-il passé le soir où Lula a été précipitée sur le sol gelé de Mayfair ?

 

Au fil de ses rencontres Cormoran Strike esquisse les contours de chaque portrait, de toutes ces figures qui gravitent dans le monde de Lula. Les grosses fortunes comme les déshérités viennent composer l’univers du mannequin : Lula était le lien entre deux mondes qui se ressemblent bien plus qu’ils n’osent se l’imaginer. Galbraith – nommons-le ainsi – nous emmène derrière les rideaux reluisants de la mode, dans les repas huppés des femmes de producteurs ou de grands avocats, au cœur d’une famille froide et agonisante ou encore dans les bas-fonds londoniens. Il traque la moindre information, le moindre mensonge, les traces d’hésitations et la peur de parler avec en tête l’unique objectif de démasquer la personne qui se trouvait dans l’appartement de Lula quelques secondes avant qu’elle ne s’écrase sur l’asphalte hivernée.

Avis :

L’histoire est prenante, les personnages extrêmement bien mis en place dans une intrigue dont seul un Galbraith (une Rowling !) peut avoir le secret. J’aime tout particulièrement sa façon de creuser le verni de chaque personne citée et d’aborder avec sérénité toutes les tares de notre petite société. Le monde de Lula Landry est un microcosme fait de vide, d’hypocrisie et finalement de très peu d’amour. On en en vient à imaginer Lula, belle et charismatique, malheureuse et déracinée. Cormoran Strike est cynique, blasé, morne, handicapé de la vie mais quel génie ! Il nous emmène dans le sillage de sa réflexion et nous pousse à l’interrogation pour finalement nous surprendre par son verdict final. Epoustouflant !

 

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