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Etudiante en lettres modernes et édition, passionnée de littérature et d’écriture ( ça va de soi), habituée à la chronique littéraire (et pas que) sur l’ancien blog Lem0npie.canalblog.com j’ai choisi de déménager. Et me voilà ici pour partager mes avis, coups de cœur et exécrations, sur mes lectures.

Sommaire :

La Terre des mensonges, Ann B. Ragde

La ferme des Neshov, Ann B. Ragde.

Une place à Prendre, J.K Rowling.

Le monde selon Garp, John Irving.

Le chemin des âmes, Joseph Boyden.

Nue, Jean-Philippe Toussaint.

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La ferme des Neshov

Je vous avais parlé, la semaine dernière, de la Terre des Mensonges, premier volume de la trilogie familiale d’Anne B. Ragde. Quelques heures après avoir achevé le premier tome je me suis précipitée au Furet du Nord pour acheter le suite : bluffant... Je l’ai presque lu d’une traite. Si le premier met un peu de temps à démarrer pour le deuxième on entre immédiatement dans le roman et c’est avec plaisir que l’on retrouve les personnages du premier volume.

la ferme des neshov

L’action commence quelques jours après la fin du livre 1. Chacun quitte la ferme familiale pour retrouver sa vie, Margido continuera son métier de Croque-mort et sa vie de vieux garçon, Erlend repart à Copenhague retrouver le confort d’une vie luxueuse, et Torunn regagne à Oslo dans une vie citadine et tortueuse….quant à Tor, il reste à la ferme, élever ses procs.  Si chacun repart de son côté ces retrouvailles ne les ont pas pour autant laissés indifférents  : ils ont tous changé. Ils sont trouvé une famille dont le noyau leur semblait sans valeur, presque inexistant. Margido profitera de ses instants de calme après la tempête pour repenser sa foi, sa croyance et reconsidérer son jugement envers certaines personnes qui l’entourent (les femmes séductrices et son frère, homosexuel). Erlend est confronté au désir d’enfant de Krumme, son compagnon, ce qu’il prend d’abord pour un manque à combler dans vie imparfaite se transforme en déclaration d’amour et de solidité. Torunn doit, de son côté, faire face à une mère en dépression et à un père (Tor) qui ne sait vivre que dans l’assistanat… Tor, resté à la ferme, peste contre tout le monde. Celui qui ne savait que vivre dans les jupons de sa marâtre, se sent seul et desemparé dans un monde où tout le monde serait contre lui .

. Chacun devra faire un choix de taille, un choix qui determinera à jamais le reste de leur vie (avoir un enfant ou reprendre une exploitation agricole au bord de la faillite) ….

extrait :

Ils se turent. Il vida sa tasse, elle était minuscule. Sans rien demander, Erlend se leva et en fit une autre. Il prit une inspiration, et sentit aussitôt son coeur battre plus vite maintenant qu’il s’était décidé :

– Je voudrais te demander pardon, Erlend, dit-il

– Pourquoi ?

Pendant une fraction de seconde, Margido craignit qu’Erlend pense qu’il s’excusait pour le coup de fil de la Sainy-Sylvestre, il aurait dû s’exprimer autrement. Il s’empressa d’ajouter :

-Pour la manière dont tu as été traité dans la famille. Je comprends bien que tu puisses être amer et en vouloir à … oui, aussi bien à Tor qu’à moi et à maman.

A ce point là de la conversation, il aurait djéà souhaité qu’elle soit terminée, qu’il puisse s’allonger quelque part, fermer les yeux e sachant que c’était fini.

– Je ne suis pas amer, dit Erlend.

Il posa une nouvelle tasse pleine devant lui, croisa son regard.

– Non, pas du tout, continua-t-il. J’étais découragé et je vous plaignais. Mais le jour où j’ai quitté la Neshov, j’étais furieux. Je ne supportais plus d’être piétiné. Furieux, déçu et déchaîné, mais pas amer. Il n’y avait pas que vous à la ferme, il y’avait tout le monde. Tout…tout Bynes, tout Trondheim. Il s’en est passé des choses, en vingt ans, mais quand…

– Oui, il s’est passé beaucoup de choses

– Quand tu m’as appelé le soit de la Saint-Sylvestre… »

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